Pichenette : le te-no-uchi et la position des mains en kendo

battaodo
Paillon utilisé pour la coupe en battodo

L’une des difficultés les plus fréquemment rencontrées, lorsque l’on débute le kendo, c’est de trouver la bonne position des mains sur la poignée et de parvenir au relâchement qui procurera les bonnes sensations.

Les mains doivent être souples, relachées ;  les index sont légèrement allongés, annulaires et auriculaires légèrement serrés ; il importe de ne pas s’accrocher à la poignée  du sabre avec trop de force, car l’énergie doit se transmettre librement du ventre à la pointe du sabre, sans passer par l’intermédiaire des épaules :

« Pour que la garde soit forte, il faut que tout le ki, l’énergie universelle, concentrée dans le bas-ventre soit conduite jusqu’à la pointe de ton sabre. Il n’est pas question de serrer les mains sur le sabre pour empêcher cette énergie de passer (avec contraction du haut du buste, force dans les épaules, bras, etc.). Les mains ne sont que des accessoires (comme les rênes d’un cheval) qui doivent conduire cette énergie » (Okada Yasuhiro sensei, cité par P. Delorme, Kendo. La voie du sabre, 2007, p. 27)

Serrer trop fermement la poignée du sabre aurait d’innombrables inconvénients : cela fatigue le pratiquant ;  cela perturbe le kamae (la garde) en faisant remonter la pointe du shinaï ; cela ralentit considérablement le temps de réaction et la vitesse de déplacement du sabre ; cela induit des défauts lors de l’impact (trop appuyé).

Le sabre doit vivre entre nos mains. La souplesse des mains, le relatif relâchement des doigts sont les conditions nécessaires à l’action en kendo : c’est là le seul moyen d’obtenir des temps de réaction relativement brefs et un parfait contrôle du shinaï.

La puissance de la coupe est donc donnée, au moment de l’impact, par le tenouchi (ou té-no-uchi). Cette expression signifie littéralement « l’intérieur de la main ». On l’utilise pour décrire l’action de serrer brièvement  les doigts sur la poignée au moment de la frappe, avant de les relâcher. La paume de la main entre alors en contact avec le cuir de la tsukagawa (la poignée), avant de s’en éloigner à nouveau : on ne doit serrer les mains qu’un bref instant ; c’est une « pichenette » que l’on donne au sabre

La souplesse des mains permet de construire l’attaque avec liberté et vivacité. Le tenouchi confère à la coupe son efficacité.

Sur la vidéo ci-dessous, Bernard Durand sensei (7e dan kendo, 7e dan battodo, 5e dan iaïdo) illustre le tenouchi, lors du stage d’été du RAPS (Rassemblement autour de la pratique du sabre) à Tours en 2008 : son katana coupe une rabane à la seule force des doigts et des poignets, sans utiliser les bras :

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